Une nouvelle étude révèle que la fréquence à laquelle vous allez à la selle n’est pas seulement une question de routine personnelle, mais un reflet étonnamment précis de votre état de santé général. Des chercheurs de l’Institute for Systems Biology (ISB) ont découvert que la fréquence constante des selles – ou leur absence – peut être liée à des problèmes de santé sous-jacents et même au risque de maladies chroniques.
La « zone Boucle d’or » du caca
L’étude, publiée dans Cell Reports Medicine, a analysé les données de 1 425 participants sans problèmes intestinaux ou rénaux préexistants. Les résultats ont montré que les personnes en bonne santé déclaraient faire caca une à deux fois par jour – une fréquence que les chercheurs ont surnommée la « zone Boucle d’or ». Les selles peu fréquentes et excessivement fréquentes étaient associées à des marqueurs biologiques distincts indiquant des problèmes de santé potentiels.
Ce que vos excréments révèlent sur votre corps
L’équipe de l’ISB a relié les schémas de selles aux métabolites sanguins, à la génétique et à la composition des microbes intestinaux. Les participants ont déclaré eux-mêmes leur fréquence, classée comme :
- Constipation : Un à deux mouvements par semaine.
- Faible-Normal : Trois à six mouvements par semaine.
- Élevé-Normal : Un à trois mouvements par jour.
- Diarrhée : Quatre selles liquides ou plus par jour.
Les personnes souffrant de diarrhée présentaient des signes de lésions hépatiques, des bactéries généralement présentes dans le tractus gastro-intestinal supérieur apparaissant dans leurs échantillons de selles. À l’inverse, des selles peu fréquentes étaient liées à des niveaux élevés de bactéries associées à la fermentation des protéines, un processus qui produit des toxines et peut endommager les reins.
« Si les selles restent trop longtemps dans l’intestin, les microbes commencent à décomposer les protéines au lieu des fibres, libérant ainsi des composés nocifs dans le sang », explique le bio-ingénieur Johannes Johnson-Martinez.
Pourquoi est-ce important : un lien de causalité ?
L’étude suggère un lien de causalité potentiel entre les habitudes intestinales et la santé. Des métabolites comme le sulfate d’indoxyle, un sous-produit de la fermentation des protéines, ont été trouvés en concentrations plus élevées dans le sang des personnes souffrant de constipation, indiquant des lésions rénales.
Le microbiome intestinal est plus flexible que vous ne le pensez
La bonne nouvelle est que la santé intestinale n’est pas réglée. De nouvelles recherches montrent que le microbiome peut évoluer rapidement avec les changements de mode de vie. Une étude allemande de 2025 a révélé que même les adultes inactifs suivant un entraînement en résistance présentaient des changements significatifs dans leurs bactéries intestinales en seulement huit semaines.
Optimiser vos habitudes intestinales
Ceux de la « zone Boucle d’or » ont systématiquement signalé un apport plus élevé en fibres, une hydratation accrue et une activité physique régulière. Leurs échantillons de selles ont également montré une plus grande abondance de bactéries fermentant les fibres, ce qui suggère que l’alimentation et le mode de vie jouent un rôle clé.
L’étude renforce l’idée selon laquelle même des habitudes apparemment fondamentales, comme les selles, peuvent servir de système d’alerte précoce pour des problèmes de santé sous-jacents. Bien que des perturbations occasionnelles soient normales, des tendances constantes en dehors de la « zone Boucle d’or » peuvent justifier une enquête plus approfondie.
L’essentiel : Faites attention à vos habitudes intestinales ; ils pourraient vous en dire plus sur votre santé que vous ne le pensez.
