Pendant des décennies, les scientifiques ont observé que une grossesse précoce semble réduire le risque de cancer du sein au cours de la vie d’une femme, mais les mécanismes sous-jacents restaient flous. Des recherches récentes chez la souris suggèrent qu’une accumulation particulière de cellules mammaires hybrides pourrait en être la clé et que la grossesse pourrait agir comme une réinitialisation cellulaire, empêchant leur accumulation.

Le mystère de l’effet protecteur de la grossesse

L’effet protecteur d’une grossesse précoce sur le risque de cancer du sein est connu depuis un certain temps, des études montrant que accoucher avant la vingtaine peut réduire considérablement les risques de développer la maladie plus tard dans la vie. Cependant, la manière précise dont cela se produit reste une énigme. Jusqu’à présent, les scientifiques ne comprenaient pas clairement ce qui se passait au niveau cellulaire, en particulier chez les animaux plus âgés, où les effets protecteurs d’une grossesse précoce deviennent évidents.

Cellules hybrides et déclencheur inflammatoire

Des chercheurs de l’Université de Californie à Santa Cruz ont étudié cela en comparant les tissus mammaires de souris enceintes avec celles qui ne l’étaient pas, à des âges équivalents à 55 à 65 ans chez l’homme. Ils ont découvert que des souris âgées qui n’avaient jamais été enceintes accumulaient des cellules hybrides – des cellules qui ne correspondaient parfaitement à aucun des deux principaux types de cellules mammaires, mais affichaient plutôt une identité mixte. Ces cellules altérées produisent une molécule appelée IL33 qui, une fois injectée à de jeunes souris, semble accélérer le vieillissement des tissus mammaires et favoriser la formation de cellules plus hybrides.

“Ces cellules montrent tous les signes d’être mauvaises, mais nous faisons des expériences maintenant pour le découvrir”, explique le chercheur principal Shaheen Sikandar.

Cette découverte suggère qu’une grossesse précoce pourrait stopper l’accumulation de ces cellules irrégulières, offrant ainsi un moyen potentiel de prévenir le développement du cancer du sein. Les cellules hybrides pourraient être un facteur clé de la progression du cancer, comme l’indiquent des recherches distinctes sur les tumeurs du poumon montrant des transformations cellulaires similaires.

Qu’est-ce que cela signifie et quelle est la suite

L’étude fournit une explication potentielle du lien observé depuis longtemps entre une grossesse précoce et la réduction du risque de cancer du sein, mais il est crucial de se rappeler que les souris et les humains sont différents. Bien que les résultats soient prometteurs, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces mécanismes fonctionnent de manière identique dans le tissu mammaire humain.

Mark LaBarge, chercheur sur le cancer du sein à City of Hope, reconnaît que l’étude suscite « un optimisme et une curiosité prudents », soulignant que la population cellulaire découverte justifie une enquête plus approfondie. La prochaine étape consiste à prouver définitivement si ces cellules hybrides entraînent la progression du cancer et si le blocage de leur formation pourrait prévenir la maladie.

Cette recherche offre une nouvelle perspective sur la prévention du cancer du sein, suggérant que la compréhension des changements cellulaires au début de la grossesse pourrait débloquer de nouvelles stratégies pour réduire les risques.

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