L’équipage d’Artemis 2 en quarantaine à l’approche du lancement
Les astronautes d’Artemis 2 de la NASA sont actuellement soumis à une période d’isolement obligatoire de deux semaines alors que l’agence se prépare à un éventuel lancement le 1er avril. L’équipage de quatre personnes – le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover, Christina Koch et l’astronaute canadien Jeremy Hansen – est entré en quarantaine au Johnson Space Center de Houston, un protocole conçu pour empêcher la maladie de faire dérailler la mission lunaire très attendue.
La nécessité de l’isolement
La mission Artemis 2 a connu de nombreux retards en raison de problèmes techniques, ce qui en fait la troisième tentative de quarantaine avant le lancement de l’équipage. La principale raison de cet isolement strict est l’environnement confiné de la capsule Orion, que l’équipage a surnommé « Intégrité ». D’une taille à peu près comparable à celle d’un studio, le vaisseau spatial laisse peu de place à la propagation des maladies. Même des maladies bénignes pourraient rapidement devenir problématiques dans un environnement aussi rapproché.
“Nous choisissons d’isoler l’équipage pendant 14 jours avant le lancement, car la plupart des maladies infectieuses mettent 10 à 14 jours pour se transmettre d’une personne à une autre”, a expliqué le Dr Raffi Kuyumjian, médecin de l’air de l’Agence spatiale canadienne. Les équipes médicales effectuent des tests approfondis à l’entrée et avant le décollage pour identifier tout risque potentiel pour la santé.
Protocoles de quarantaine : passés et présents
Les procédures de quarantaine de la NASA ont considérablement évolué depuis l’ère Apollo. Au cours des premières missions lunaires, les astronautes ont dû faire face à une période d’isolement de 21 jours après leur retour sur Terre, pour empêcher l’introduction de micro-organismes lunaires inconnus. Cela a été fait dans un camping-car Airstream modifié équipé de systèmes de filtration avancés. La quarantaine après vol a été interrompue en 1971 après qu’un examen l’ait jugée inutile.
La quarantaine actuelle d’Artemis 2 s’étend également au personnel de soutien, aux techniciens et même aux membres de la famille qui interagissent étroitement avec l’équipage. Cette approche plus large vise à éliminer tous les vecteurs potentiels d’infection.
Retards de lancement et plans d’urgence
La période de quarantaine est flexible pour s’adapter aux retards de lancement. De courts écarts dans l’horaire (un ou deux jours) n’obligent généralement pas l’équipage à sortir de l’isolement. Cependant, des reports importants (plusieurs semaines) nécessitent une réinitialisation de la quarantaine de 14 jours avant la prochaine tentative de lancement.
Malgré les précautions, de légères infections respiratoires sont parfois survenues pendant la quarantaine, mais n’ont généralement pas entraîné de retards dans les missions. Dans les cas graves, la NASA pourrait retarder le lancement ou remplacer les astronautes ; même si c’est rare. La mission Apollo 13 nous rappelle brutalement de tels scénarios, lorsque Jack Swigert a remplacé Thomas Mattingly quelques jours seulement avant le lancement, après que Mattingly ait été exposé à la rougeole germanique.
L’équipage d’Artemis 2 sera transféré dans les installations de quarantaine collective du Kennedy Space Center en Floride une semaine avant le lancement. Ils poursuivront leur formation, assisteront aux briefings finaux et passeront des examens médicaux tout en donnant la priorité au repos et au temps en famille. En fin de compte, l’objectif est de garantir que l’équipage est en bonne santé, bien reposé et préparé aux exigences rigoureuses du voyage lunaire.
La mission Artemis 2 illustre l’équilibre critique entre l’ambition scientifique et le besoin pragmatique de sécurité de l’équipage. Même si la quarantaine est un processus rigoureux, elle reste essentielle pour atténuer les risques dans l’environnement impitoyable de l’exploration spatiale.
